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Comment trouver de nouvelles fréquences FM (par Cyril)
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En Europe, nous utilisons principalement trois bandes de fréquences :
  • les ondes longues (entre 153 et 261 kHz) : France Inter, Europe 1, RMC et RTL les utilisent.
  • les ondes moyennes (entre 531 et 1602 kHz) : FIP, France Bleu (programme national), RFI, Sud Radio, Ciel AM et RMC y diffusent leurs émissions.
  • la modulation de fréquence (de 87,5 à 108,0 MHz) : le moyen le plus couramment utilisé pour écouter la radio, d'autant que le confort d'écoute est indéniable.

    Tout le monde peut le remarquer, le nombre de fréquences disponibles en FM est limité ; les radios voulant émettre sont inscrites sur des listes d'attente, attendant qu'une radio libère une fréquence, ou que le CSA en attribue une nouvelle sur la zone concernée.
    Sur Paris, Radio Ici-et-Maintenant attend depuis 1996 qu'une fréquence veuille bien se libérer. C'est chose faite depuis le 20 janvier 2000, date à laquelle Paris FM a cesser d'émettre sur le 95,2 MHz. Ici-et-Maintenant a donc pu reprendre ses émissions sur cette fréquence, courant 2001.
    Sur d'autres zones, de nouvelles fréquences jusqu'à présent non utilisées vont être attribuées ; il s'agit principalement de fréquences comprises dans les bandes du 106 et 107 MHz, jusqu'alors réservées pour Radio France.

    Vu l'état de la bande FM, il est clair que nous ne pouvons pratiquement plus utiliser de nouvelles fréquences.
    Je propose donc ici plusieurs solutions pour obtenir des fréquences supplémentaires :

  • diffuser les réseaux passifs (càd n'opérant pas de décrochages locaux) en iso fréquence (càd une seule fréquence relayée par plusieurs émetteurs). Tant qu'à monopoliser des fréquences sur des zones considérables, autant regrouper entre elles les iso fréquences et réduire les écarts entre deux iso. On pourrait suggérer :
      105,2 RTL
      105,5 France Info
      105,8 Europe 1
    Le problème des iso fréquences concerne la synchronisation des différents émetteurs utilisés. En effet, plus l'émetteur est loin du studio, plus les émissions mettront de temps à y arriver (de l'ordre des µs, mais pour de la diffusion, c'est important). Il est donc facile de synchroniser des émetteurs sur des lignes droites (cas des radios autoroutières sur 107,7), mais beaucoup plus difficile pour de plus vastes zones.
    Il est donc impossible d'utiliser une seule fréquence partout en France pour une seule radio (sans compter sur la probable utilisation de ladite fréquence dans des zones frontalières).
    Les espaces entre iso pourraient nous permettre de faire plusieurs zones, sans avoir à synchroniser les émetteurs entre eux lorsque cela n'est plus possible (ville #1 : 105,1 - 105,4 - 105,7 / ville #2 : 105,2 - 105,5 - 105,8 / ville #3 : 105,3 - 105,6 - 105,9).
    Le problème à ce niveau concerne le brouillage du 105,3 (ville #3) vis-à-vis du 105,4 (ville #1), et du 105,6 (ville #3) par rapport à 105,7 (ville #1). Pour inhiber ces brouillages, il faut introduire 0,2 MHz entre deux radios différentes, et l'on obtiendrait la situation actuelle : 105,1 RTL - 105,5 France Info - 105,9 Europe 1 !!...
    Pour les réseaux opérant des décrochages, impossible d'utiliser des iso fréquences bien sûr.

  • réorganiser la présence des émetteurs selon la couverture de la radio. Je veux dire par là, autoriser la présence d'émetteurs de radios nationales uniquement dans les préfectures et sous-préfectures, à condition que dans ces villes on ne parvienne pas à recevoir la radio en question. Les petits villages pourraient ainsi obtenir des fréquences pour des radios locales.
    Attention de ne pas interpréter de travers ce que je viens de dire : les radios locales ont également qualité pour émettre dans ces préfectures et sous-préfectures. Seule la présence du service publique hors préfecture est autorisée (la parfaite couverture du service publique étant justifié en cas de guerre).
    Mais là encore, le problème est d'aller expliquer à NRJ & Co qu'elle doit lacher toutes les petites fréquences qu'elle a racheté à prix d'or !

  • profiter d'avantage des ondes moyennes :
    Cette gamme d'ondes n'est pas prête d'être abandonnée ; preuve en est l'utilisation de 13 fréquences par le réseau France Bleu. De plus, citons que grâce à la technologie Drm (Digitale Radio Mondiale), Radio France diffuse en C-Quam stéréo (norme définie par Motorola) sur la fréquence de la City Radio à Paris : 864 kHz.
    A l'heure actuelle, seul le 864 kHz de Paris diffuse en stéréo. Et Cocorico !, France Bleu est la première station européenne à émettre en stéréo sur ondes moyennes !!... Chapeau bas M. J.-M. Cavada !
    Mais puisqu'il faut bien apporter quelques critiques, très peu de récepteurs vendus sur le marché européen sont capables de recevoir la stéréo en ondes moyennes.
    Et s'il faut encore une preuve pour l'avantage des ondes moyennes, citons le lancement de Ciel AM le 25 janvier 2001 sur 981 kHz à Paris. Si l'on exclut les radios périphériques que sont Sud Radio (819 kHz à Toulouse) et RMC (1467 kHz à Roumoules), Ciel AM est la première radio privée à émettre en France en ondes moyennes depuis la fin de 2nde guerre mondiale, où fut instauré un monopole d'Etat sur les ondes françaises. Elle succédait cependant à quelques autorisations temporaires accordées en 1997 et 1998, comme Radio Latina pour le Mondial de 1998 sur 1062. A noter également l'ouverture de plusieurs fréquences sur la bande AM pour 2002 : à Paris, 963, 981, 1062, 1080, 1314, 1575, 1584, et 1602 kHz.
    La fréquence 963 de Sorbonne Radio France n'a pas été attribuée lors des appels à candidature en 2002, et les fréquences 1584 et 1602 ont été considérées comme inexploitables par les services techniques du CSA. Les autres fréquences ont été attribuées comme suit : 981 Ciel AM (radio judéo soft), 999 Superloustic (radio pour enfants), 1062 RLT Radio Livres Télérama (littérature), 1080 La Radio de la Mer (programmes thématiques sur le milieu marin), 1314 La Radio du Temps Libre (divertissements), et 1575 RNT Radio Nouveaux Talents.
    L'avantage de cette gamme d'ondes est le nombre de fréquences disponibles en journée.

  • élargir les bandes de diffusion pour la radio.
    En Europe, pour la FM nous utilisons la bande comprise entre 87.5 et 108.0 (soit 20,5 MHz). Le Japon utilise en plus d'une partie de cette bande 11,5 MHz en deçà de cette bande, soit du 76.0 MHz au 87.5 MHz.
    Malheureusement, ces 11,5 MHz sont utilisés (merci Nicolas de m'en avoir fait la remarque), notament par la Défense Nationale (cf. Fréquences entre 10 et 64 GHz). Pour les ondes moyennes, des radios pirates hollandaises et grecques émettent entre 1602 et 1710 kHz, dans une bande utilisée par les radios AM américaines. Nous pouvons donc utiliser pleinement cet espace supplémentaire, à condition d'avoir des récepteurs qui puissent recevoir ces fréquences supplémentaires.


    En résumé, les élargissements de bandes AM et FM ne sont pas pour demain : entre l'acceptation par les services européens concernés, et la commercialisation de postes pouvant recevoir dans ces bandes... Mieux vaut investir dans de nouveaux modes de diffusion (Internet, DAB).
    L'émission en iso fréquence pour les réseaux en passif (RTL, Europe 1, France Info, RMC, Sud Radio, France Culture, France Musiques, France Inter) est déjà réalisée. Au mieux, nous pouvons suggérer une meilleure réorganisation (avec Europe 1 sur 104.7 dans le sud au lieu de Sud Radio, et RTL sur 104.3 dans le sud au lieu de RMC). Mais la tâche à accomplir est pharaonique (la dernière nuit bleue qui a été l'occasion de réorganiser ces fréquences, date de 1992).
    Enfin, la diffusion des réseaux nationaux uniquement dans les grandes villes pose problème : il n'est pas envisageable que les réseaux nationaux rendent au CSA les fréquences qu'ils ont acquis à prix d'or dans de petites communes.

    En clair, cette étude n'apporte que très peu de solutions (voire aucune pour les plus défaitistes), mais elle a le mérite de mieux comprendre l'organisation actuelle de la bande FM française. Gageons que le CSA généralisera l'ouverture de la bande AM aux radios privées, comme il l'a fait pour Ciel AM à Paris...
    Citons le développement du DAB comme une alternative : puisque nous ne pouvons pas élargir nos bandes de fréquences actuelles, autant en utiliser de nouvelles, cas du DAB pour lequel les fréquences avoisinnent les 1,5 GHz. Le DAB propose de plus une meilleure qualité de diffusion que la FM traditionnelle, ainsi que l'énorme avantage de n'avoir qu'une seule fréquence pour une station, sur tout le territoire.
    En 2003, la France n'a développé le DAB que de manière marginale (uniquement dans les grandes agglomérations), et avant de poursuivre le développement de ce nouveau mode de diffusion, il convient de prendre en compte l'expérience du DAB dans les pays européens voisins, notamment en Allemagne où l'ARD (la radio télévision publique allemande) envisage même d'arrêter la diffusion en DAB dans les années à venir ! En effet, il semblerait que le coût d'achat des récepteurs soit trop important pour les auditeurs, ce qui constitue un frein à la poursuite de l'exploitation de ce système.


    Je remercie Olivier pour son esprit critique, qui m'a ainsi aidé à pointer certains problèmes. Merci également à Nicolas pour ses précisions sur l'utilisation des fréquences.

    Dossier de Cyril - SchooP - février 2001, révisé en septembre 2003.

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